15/12/2016

Les pandas sortent du bois

Bonjour et bienvenue sur le nouveau blog du WWF Genève ! Quoi de neuf chez les pandas du bout du lac ? Ah, vous ne saviez pas : l’initiative constitutionnelle « Pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève » a recueilli plus de 14'000 signatures qui ont été remises à la chancellerie d’Etat le 15 décembre, laquelle devra contrôler leur validité. Le seuil pour faire aboutir cette démarche est fixé à 10'033 signatures ; le risque de non-aboutissement est donc faible.


Pourquoi ce texte ? Avec la densification du canton, Genève Aéroport est devenu un aéroport urbain, à l’image par exemple de Boston, ou Hong-Kong, ce qui en change la nature et l’impact en termes environnementaux au sens le plus large. L’aéroport est important pour le canton, en termes d’emplois directs et indirects ainsi que de rayonnement de la Genève internationale. Doit-il pour autant échapper au débat public ?

Le nombre de passagers de Genève Aéroport a doublé depuis 2005 pour dépasser les quinze millions de voyageurs annuels. Les prévisions officielles font état de 25 millions de passagers en 2030. La capacité des avions n’augmentant pas, l’accroissement des passagers signifie mécaniquement une augmentation du nombre de rotations sur l’aéroport. Si les prévisions sont justes, les cycles atterrissage-décollage auront triplé entre 2005 et 2030.

Notons au passage que cette croissance et ces prévisions sont aussi la conséquence de la défaite du train pour les trajets européens. Ni les horaires, ni les tarifs ferroviaires, ne sont concurrentiels. L’avenir dira si le rail a perdu une bataille ou la guerre.

C’est pourquoi onze associations suisses et françaises, regroupées au sein de la Coordination régionale pour un aéroport de Genève urbain, respectueux de la population et de l’environnement (CARPE)*, ont porté l’initiative « Pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève », afin de lancer le débat quant aux nuisances que la croissance de la fréquentation de Genève Aéroport impose aux habitants des communes riveraines et plus généralement à l‘environnement de la région.

Ce texte veut inscrire dans la constitution un nouvel article 191A ainsi libellé :

  1. L’Aéroport international de Genève est un établissement de droit public.
  2. Dans le cadre défini par la Confédération et les limites de ses compétences, l’Etat tient compte du caractère urbain de l’aéroport et recherche un équilibre entre son importance pour la vie économique, sociale et culturelle et la limitation des nuisances pour la population et l’environnement.
  3. L’Etat prend en particulier toutes les mesures adéquates pour limiter les nuisances dues au trafic aérien, notamment le bruit, les pollutions atmosphériques et les émissions de gaz à effet de serre et pour mettre en œuvre les principes d’accomplissement des tâches publiques, définies dans la présente Constitution, de protection de l’environnement, d’aménagement du territoire et de promotion de la santé.
  4. L’Aéroport international de Genève rend compte aux autorités cantonales et communales de la façon dont les objectifs précités sont planifiés puis mis en œuvre au regard du cadre et des limites définis par la Confédération. Il soumet en particulier régulièrement au Grand Conseil pour approbation un rapport relatif aux actions entreprises et principaux objectifs à moyen et long terme.

Il s’agit d’ancrer dans la constitution le statut public de Genève-Aéroport ainsi que le rôle de médiateur de l’Etat entre les différentes parties prenantes que sont notamment les acteurs économiques, les institutions internationales et la population, laquelle veut voyager mais aussi vivre dans un environnement de qualité dans lequel les nuisances sont maîtrisées.

Ce texte ne met pas l’aéroport sous tutelle, mais il donne au Conseil d’Etat les moyens et la responsabilité d’optimiser l’utilisation de cet outil bientôt centenaire, puisque créé en 1922. Nous suivrons le débat politique au Grand Conseil lorsqu’il étudiera cette initiative.

*Les associations réunies au sein de la CARPE sont l’Association climat Genève (ACG); l’Association de défense des intérêts des habitants du quartier de la Citadelle (Meyrin); l’Association de défense du quartier Molard Fayards (Versoix); l’Association des habitants de Montfleury et de Crotte-au-Loup (Vernier); l’Association des intérêts de Vernier Village (AIVV); l’Association des riverains de l’aéroport de Genève (ARAG); l’ATE-Genève; l’Association française des riverains de l’aéroport de Genève (AFRAG); Ferney-Avenir; Noé21 et le WWF Genève.

 

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