03/03/2017

Le chemin des écoliers de Luc Barthassat

Là où il y a une volonté, il y a un chemin. C’est le message lancé vendredi 3 mars par Luc Barthassat, qui tenait conférence de presse avec quatre de ses chefs de service pour présenter sa vision quant à l’avenir de ces 67% du territoire genevois qui ne sont pas en zone urbaine.


L’homme politique, que l’on sait proche des paysans et pas nécessairement dans les petits papiers des défenseurs de l’environnement, voulait également rassurer sur le fait que la fusion en 2015 des directions générales de l’agriculture et de la nature ne s’était pas faite au détriment de cette dernière.

Retenons l’affirmation que l’agriculture et la nature sont deux facettes du même terroir, vraie profession de foi du magistrat, lequel nous livre ainsi sa vision d’un canton en harmonie avec lui-même. Tel le Petit Poucet, Luc Barthassat a égrené de nombreux projet durant cette présentation, comme autant de petits cailloux dessinant un tracé, tout en convenant qu’il restait à les relier par un fil pour en faire un collier, ou, si vous préférez, une politique. Voilà pour la vision et la cartographie inachevée du chemin à parcourir.

Ce rendez-vous a permis d’apprendre que les 1636 travailleurs de l’agriculture genevoise (viticulture et horticulture comprises) produisent pour 217 millions de francs de biens par an, soit un peu plus de 132'000 francs par personne. Cette rentabilité d’un autre âge, presque choquante dans la Genève des banques et des multis, n’a pas été abordée par le magistrat, décidé à défendre la production locale et la qualité genevoise.

Il a également été dit que 65 millions de francs (dont 20 millions versés par le canton et la Confédération) ont été investis depuis 2012 dans des infrastructures agricoles. Autrement dit, l’agriculture investit quelque 8% de son chiffre d’affaires annuel. Voilà qui est plus intéressant.

Cet argent a servi à construire des serres et leur chaufferie à bois, une ligne de conditionnement du lait qui n’existait plus à Genève depuis 30 ans, une malterie qui permet à certaines bières d’être enfin vraiment 100% genevoises ou un bio épurateur pour réduire la quantité de produits phytosanitaires qui ruisselle dans les eaux libres. Cette dernière réalisation se complète de la création d’un groupe de travail sur ces produits.

Mais alors que la nature était aussi à l’ordre du jour et que le département de Luc Barthassat a publié en 2016 une brochure « La nature en chiffre », les seules données communiquées concernaient l’agriculture pour laquelle la brochure « en chiffres » n’existera qu’à l’automne. Au chapitre de la nature et de la biodiversité, c’est surtout la nécessité d’en garantir l’accès aux humains qui a été rappelée avec force et qui constitue l’un des piliers de la politique de la biodiversité. Les mots « conservation » ou « protection de l’environnement » n’ont pas été prononcés dans le même temps qu’une main était tendue aux écologistes.

Il a fallu ce dernier quart de siècle à Genève un conseiller d’Etat libéral, Claude Haegi, pour lancer une renaturation nécessaire et soignée des cours d’eau. C’est un écologiste pur sucre, Robert Cramer, qui a choyé inconditionnellement les agriculteurs avant de tenter de se conquérir une clientèle électorale urbaine en déversant des remblais de chantier dans le lac pour la plage des Eaux-Vives. Vient aujourd’hui un élu paysan qui se fait le chantre d’un canton comme une médaille à deux faces indissociables – nature et agriculture – et qui nous parle de durabilité et de souveraineté alimentaire sans jamais utiliser ces mots, sans doute parce qu’il vit ce terroir plus qu’il ne le pense.

Aux citoyens, militants écologistes et consommateurs de s’organiser pour aider à ce que ces sensations deviennent une politique et puissent se revendiquer de ces concepts.

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